Orthographes et Etymologie de Souquières
Quelques variantes du patronyme Souquières selon le botin téléphonique
Nous pouvons comptabiliser de nos jours différentes variantes
orthographiques.
Ces variantes sont sans doute des transformations. Il en existe
surement d'autres.
Par convention et pour simplifier nous emploierons par la suite
le patronyme Souquières pour désigner lensemble de ces
patronymes (sauf précisions contraires). Ce choix est arbitraire.
Orthographes |
Nombre d'abonnés au tél. |
| Souquières | 75 |
| Souquière | 64 |
| Souquiere | 21 |
| Souquieres | 20 |
| Souquiéres | 5 |
| Souquier | 5 |
| Souquié | 4 |
| Souquiére | 3 |
| Souquies | 1 |
| Total | 200 |
Etymologie du patronyme
La question éventuelle d'une orthographe originelle de Souquières n'a pas de sens. En effet, des changements intervenaient fréquemment jusquau début du 20è siècle. Ainsi il n'existe pas de branches distinctes entre toutes ces orthographes, du moins dès que nous remontons avant la Révolution. Lorthographe aujourd'hui la plus souvent rencontrée est Souquières.
En patois occitan, " souquières " désigne
un lieu où se trouvent des souches darbres.
"On trouve entre 1600 et 1700, Souquière écrit / Socqieyre
/ qui correspond à sa prononciation en patois occitan:
/oc/=/ou/, /q/=/qu/, /ey/=/eil/ . Idem pour /Socqieyrou/ qui est
le diminutif occitan de Souquières"
(source : Yvette Souquières)
SOUQUE - SOUQUES (Sud-Ouest) Formes méridionales de SOUCHE -
SOUCHET
Dérivé: SOUQUIERE : endroit parsemé de souches
Source: dictionnaire des Noms de famille : Marie-Thérèse Morlet
(Perrin)
Source : Maurice Souquières : membre
La signification donnée à Souquière est surnom de l'homme qui était originaire de Souquière = le champ mal défriché, l'endroit caractérisé par un grand nombre de souches. (source: dictionnaire des noms de famille en Auvergne de J-P Gonzalez).
Des lieux-dits "Souquières" en Châtaigneraie ... (autant d'origines possibles)
Arpajon - la Souque: domaine ruiné
Boisset - la Souquière et le Souq (même lieu-dit?)
Cassaniouze - les Souquières: domaine ruiné, Domaines des
Souquières del Catelo, 1676 (état civil).
Chanet - la Soucheire: forêt défrichée
Chastel sur Murat - les Soucheires: domaine ruiné
Falgoux (le) - Souchars (la Coste del Cap del): montagne à
vacherie,
Laveissenet - la Soucheire: lieu détruit
Leucamp - un lieu-dit "la souque"
Lieutadès - les Souques: domaine ruiné et montagne à vacherie
Marcenat - les Souchous: écart
Marcenat - Souche-Serres: écart
Marcolès - Souquières: moulin (1)
Marcolès - Souquières: ruisseau affluent de la Rance, cours d'eau
de 2400m. Parlan (Ouest de Châtaigneraie) (2)
Paulhac - la Soucheire: montagne à vacherie,
Pierrefort - les Souches: village et moulin
Pleaux - le Souqueirou: écart (3)
Pradiers - la Souchoune: montagne à vacherie
Sansac de Marmiesse - (5 km au S O dAurillac) - lieu-dit
" Souquières "
St Constant - "les Souquières"
St Mamet la Salvetat - le Souco-Sèco: domaine ruiné
St Saturnin - la Soucheyre: montagne à vacherie
St Urcize - la Souque: montagne à burons (4)
St Urcize - la Soucharalde, hameau
Vèze - la Souche: hameau et montagne à vacherie
Vezels-Roussy - hameau "la Souquière"
Ytrac - le Souq: domaine ruiné
(1) Le 31.5.1810 à Marcolès, il est déclaré que Antoine
Souquières est meunier au moulin dit "de Souquières".
Le 18.4.1826 est née au Moulin de Souquières une fille à Louis
Souquières, meunier au lieu de Souquières.
En 1869, Pierre Boussaroque, 33 ans, est meunier au " moulin
de Souquières " .
Ce "moulin de Souquières" est situé à 1 km de Marcolès
sur la route d'Aurillac, un peu avant les villages de Mougeac et
Canhac lorsque l'on quitte Marcolès. Il est aujourd'hui
enregistré au cadastre sous le nom de "moulin de Canhac".
(3) écart : tout petit hameau à l'écart de toute autre
habitation
(4) montagne à burons : montagne du Cantal où l'on amène les
vaches en transhumance et où il y a des burons : bâtiment qui
sert d'habitation et de local de fabrication du fromage du Cantal
(2) la Souquière: écart ( la Sueguieyre 1643, la Souquieyre
1646, la Socquier 1648, la Chuquieyre 1656, la Souquieyre 1661,
la Souquières, Lasouquière 1748 ).
Souche=souq
soucheire=soucheyre=souquière= endroit avec souches d'arbres
souchou=souchoun= petite souche
souco-sèco: souche sèche
Notes du notaire Jalenques en 1765:
Me Marie Eulalie Delom de la Sucquière de Gironde, paroisse d'Aynès,
épouse Joseph Jalenques de Cassaniouze.
Etymologie et variantes régionales
Un article signé par André COMPAN paru dans Nice-Matin
en Août 1990
" Illustration du nissart et du provençal (CDLXXII)
- Un lieu dit la Souquière "
" Non loin de la forêt d'Asse (Alpes-de-Haute-Provence),
un de nos lecteurs, M. Aimé Reboul a noté un lieu dit la Souquière.
Il l'a écrit ainsi d'après la graphie officielle du
cadastre et est resté perplexe quant à sa signification.
Il est vraisemblable que cette forme peut prêter à confusion et
nous retrouvons en pays d'oc des variantes telles que : la
souchière, la souchère, entraînent normalement des
appellations de patronymes. Ces différentes écritures ne
laissant guère de doute sur létymologie. Elle vient du
gaulois *tsukka, même sens, là où le latin classique se
sert de : stipes, pilis ou caudex.
La souquièro est donc une clairière, un essart, un lieu défriché
où il reste encore des souches, sans doute trop importantes pour
qu'on ait pu les déraciner. Dautres noms de la même
origine sappliquent à cette définition : la soucàio
(nom de famille Soucaille), la soucarèdo, lou soucan.
Toujours dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous citerons lou
Souchié, un bois près de Sainte-Croix-du-Verdon où abonde
le champignon dit globulaire turbith, qui a d'ailleurs pris ce
nom commun de souchié dans le langage courant, à
rapprocher de soucareu, le champignon sur souches.
De ce terme de *tsukka que de filiations ! En
provençal médiéval, la soca est un tronc d'arbre coupé
quasiment au niveau du sol. Labbé Pellegrini y voyait par
comparaison le met niçois réputé de la soca - et non : socca
- Mais, en l'absence de documents anciens, nous ne
trancherons point de débat
Chez Chrestien de Troyes, la forme de l'ancien français est :
çoche, partie d'un tronc coupé en terre. Chez Villon, la seuche
est une grosse bûche. Le nissart écrit souca et possède
le diminutif soucoun, bûche. Le gavot emploie soutso et c'est
spécifiquement une bûche de mélèze. En gascon, la souque
est un tronc d'arbre quelque peu difforme et rabougri. En Sologne,
le sens est très restreint : il désigne par souche
une imitation de cierge où l'on ajuste une simple bougie.
L'ancien provençal soc a connu une certaine renommée grâce
au célèbre grammairien Uc Faidit qui lui donne le sens de
grosse buche bien ronde.
Dans les documents médiévaux, il prend plusieurs acceptions. C'est
un billot de boucher (année 1278), un tronc dans lequel on
glisse les offrandes (en 1380), ou encore un affût de canon (en
1476).
Le diminutif souchon, devenu nom de famille, c'est un
petit billot ou morceau d'arbre taillés. En picard, le diminutif
tsoquelet, choquelet, définit ce qu'on a coupé d'un
arbre en l'abattant à la hache.
Une autre forme de diminutif est fréquente ; tel est le cas du
provençal souquets, partie d'un arbre coupée au ras de
terre ou encore blocs de bois destinés à équilibrer une cuve.
En 1425, nous avons, noté lo soquet, le petit siège
pour traire les chèvres ou les vaches et le féminin soqueta,
souche de bois bien sec. Il ne faut pas confondre ici avec le
français socque et son diminutif socquette, issus
du provençal soca, du latin soccus,
espèce de soulier bas, d'où chausson.
Dans le vocabulaire des agents forestiers sous les comtes de
Provence, on utilisait le verbe soquetar soucheta
en langue moderne pour désigner le fait de marquer les
arbres à abattre. A Nice, le verbe dessoucaià décrit laction
d'ébranler une souche, et par extension une pierre de taille
avec un pic ou une barre à mine.
Lartisanat y puise aussi des mots spécifiques :
ainsi un bouosc o un taulié soucarut, c'est un tronc darbre
scié qui peut servir de table rustique. De même dit-on à Nice
un ressouc, pour un chicot darbre qui peut servir de
motif de sculpture. Quant au verbe ensoucà, il s'applique,
techniquement parlant, à l'art difficile de placer le mouton d'une
cloche...
Le diminutif souquihoun, partie supérieure du cep de
vigne, a été introduit sous la forme souquillon par
Alphonse Daudet en1891. En consultant la droit médiéval en
Provence, si cher au cur du regretté professeur Aubenas,
que de découvertes : un souquet, en 1380, est un
droit d'octroi sur le vin, et en temps de disette financière, un
reire-soquet est un double droit sur la même boisson.
En 1432, un fonctionnaire qui sévit dans ce domaine apparaît au grand dam des redevables : cest, logiquement, un soquatier, percepteur du droit ci-dessus, et un verbe en est issu : soquatejar, percevoir un tel droit. Lancien français coche, mentionné ci-dessus, entraîne une manière de métathèse : souche couche, d'où un cossillon, éclat de souche de vigne et une coussette éclat de bois. Le croisement avec suc, éminence, donne en outre les noms de famille: Chuquet, Suchet.
Une dernière confusion est à éviter: avec Sòucu (accent grave sur le ò de sòu) souco, soco, du latin sulcus, labour, sillon, binage. Ce mot signifie en provençal, groupe, équipe et il bien décrit par Mistral dans Mirèio: un groupe constitué par deux moissonneurs et une lieuse de gerges permettant d'opérer la récolte de front sur un billon de blé. D'où la locution : faire sòuco, aller de compagnie, en amis.
André COMPAN - NICE-MATIN - Août 1990 "
Source : Article transmis par Maurice Souquières de Caen le 7/2/2000.
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Mise à jour : 20-août-2000 - Auteur : Renaud Anzieu anzieu@freesurf.fr
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