Orthographes et Etymologie de Souquières

 


Quelques variantes du patronyme Souquières selon le botin téléphonique

Nous pouvons comptabiliser de nos jours différentes variantes orthographiques.
Ces variantes sont sans doute des transformations. Il en existe surement d'autres.
Par convention et pour simplifier nous emploierons par la suite le patronyme Souquières pour désigner l’ensemble de ces patronymes (sauf précisions contraires). Ce choix est arbitraire.

Orthographes
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Etymologie du patronyme

La question éventuelle d'une orthographe originelle de Souquières n'a pas de sens. En effet, des changements intervenaient fréquemment jusqu’au début du 20è siècle. Ainsi il n'existe pas de branches distinctes entre toutes ces orthographes, du moins dès que nous remontons avant la Révolution. L’orthographe aujourd'hui la plus souvent rencontrée est Souquières.

En patois occitan, " souquières " désigne un lieu où se trouvent des souches d’arbres.
"On trouve entre 1600 et 1700, Souquière écrit / Socqieyre / qui correspond à sa prononciation en patois occitan:
/oc/=/ou/, /q/=/qu/, /ey/=/eil/ . Idem pour /Socqieyrou/ qui est le diminutif occitan de Souquières"
(source : Yvette Souquières)

SOUQUE - SOUQUES (Sud-Ouest) Formes méridionales de SOUCHE - SOUCHET
Dérivé: SOUQUIERE : endroit parsemé de souches
Source: dictionnaire des Noms de famille : Marie-Thérèse Morlet (Perrin)
Source : Maurice Souquières : membre

La signification donnée à Souquière est surnom de l'homme qui était originaire de Souquière = le champ mal défriché, l'endroit caractérisé par un grand nombre de souches. (source: dictionnaire des noms de famille en Auvergne de J-P Gonzalez).

 


Des lieux-dits "Souquières" en Châtaigneraie ... (autant d'origines possibles)

Arpajon - la Souque: domaine ruiné
Boisset - la Souquière et le Souq (même lieu-dit?)
Cassaniouze - les Souquières: domaine ruiné, Domaines des Souquières del Catelo, 1676 (état civil).
Chanet - la Soucheire: forêt défrichée
Chastel sur Murat - les Soucheires: domaine ruiné
Falgoux (le) - Souchars (la Coste del Cap del): montagne à vacherie,
Laveissenet - la Soucheire: lieu détruit
Leucamp - un lieu-dit "la souque"
Lieutadès - les Souques: domaine ruiné et montagne à vacherie
Marcenat - les Souchous: écart
Marcenat - Souche-Serres: écart
Marcolès - Souquières: moulin (1)
Marcolès - Souquières: ruisseau affluent de la Rance, cours d'eau de 2400m. Parlan (Ouest de Châtaigneraie) (2)
Paulhac - la Soucheire: montagne à vacherie,
Pierrefort - les Souches: village et moulin
Pleaux - le Souqueirou: écart (3)
Pradiers - la Souchoune: montagne à vacherie
Sansac de Marmiesse - (5 km au S O d’Aurillac) - lieu-dit " Souquières "
St Constant - "les Souquières"
St Mamet la Salvetat - le Souco-Sèco: domaine ruiné
St Saturnin - la Soucheyre: montagne à vacherie
St Urcize - la Souque: montagne à burons (4)
St Urcize - la Soucharalde, hameau
Vèze - la Souche: hameau et montagne à vacherie
Vezels-Roussy - hameau "la Souquière"
Ytrac - le Souq: domaine ruiné

(1) Le 31.5.1810 à Marcolès, il est déclaré que Antoine Souquières est meunier au moulin dit "de Souquières".
Le 18.4.1826 est née au Moulin de Souquières une fille à Louis Souquières, meunier au lieu de Souquières.
En 1869, Pierre Boussaroque, 33 ans, est meunier au " moulin de Souquières " .
Ce "moulin de Souquières" est situé à 1 km de Marcolès sur la route d'Aurillac, un peu avant les villages de Mougeac et Canhac lorsque l'on quitte Marcolès. Il est aujourd'hui enregistré au cadastre sous le nom de "moulin de Canhac".
(3) écart : tout petit hameau à l'écart de toute autre habitation
(4) montagne à burons : montagne du Cantal où l'on amène les vaches en transhumance et où il y a des burons : bâtiment qui sert d'habitation et de local de fabrication du fromage du Cantal
(2) la Souquière: écart ( la Sueguieyre 1643, la Souquieyre 1646, la Socquier 1648, la Chuquieyre 1656, la Souquieyre 1661, la Souquières, Lasouquière 1748 ).

Souche=souq
soucheire=soucheyre=souquière= endroit avec souches d'arbres
souchou=souchoun= petite souche
souco-sèco: souche sèche

Notes du notaire Jalenques en 1765:
Me Marie Eulalie Delom de la Sucquière de Gironde, paroisse d'Aynès, épouse Joseph Jalenques de Cassaniouze.

 


Etymologie et variantes régionales
Un article signé par André COMPAN paru dans Nice-Matin en Août 1990

" Illustration du nissart et du provençal (CDLXXII) - Un lieu dit la Souquière "
" Non loin de la forêt d'Asse (Alpes-de-Haute-Provence), un de nos lecteurs, M. Aimé Reboul a noté un lieu dit la Souquière. Il l'a écrit ainsi d'après la graphie officielle du cadastre et est resté perplexe quant à sa signification.
Il est vraisemblable que cette forme peut prêter à confusion et nous retrouvons en pays d'oc des variantes telles que : la souchière, la souchère, entraînent normalement des appellations de patronymes. Ces différentes écritures ne laissant guère de doute sur l’étymologie. Elle vient du gaulois *tsukka, même sens, là où le latin classique se sert de : stipes, pilis ou caudex.

La souquièro est donc une clairière, un essart, un lieu défriché où il reste encore des souches, sans doute trop importantes pour qu'on ait pu les déraciner. D’autres noms de la même origine s’appliquent à cette définition : la soucàio (nom de famille Soucaille), la soucarèdo, lou soucan.
Toujours dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous citerons lou Souchié, un bois près de Sainte-Croix-du-Verdon où abonde le champignon dit globulaire turbith, qui a d'ailleurs pris ce nom commun de souchié dans le langage courant, à rapprocher de soucareu, le champignon sur souches.

De ce terme de *tsukka que de filiations ! En provençal médiéval, la soca est un tronc d'arbre coupé quasiment au niveau du sol. L’abbé Pellegrini y voyait par comparaison le met niçois réputé de la soca - et non : socca - Mais, en l'absence de documents anciens, nous ne trancherons point de débat …
Chez Chrestien de Troyes, la forme de l'ancien français est : çoche, partie d'un tronc coupé en terre. Chez Villon, la seuche est une grosse bûche. Le nissart écrit souca et possède le diminutif soucoun, bûche. Le gavot emploie soutso et c'est spécifiquement une bûche de mélèze. En gascon, la souque est un tronc d'arbre quelque peu difforme et rabougri. En Sologne, le sens est très restreint : il désigne par souche une imitation de cierge où l'on ajuste une simple bougie.
L'ancien provençal soc a connu une certaine renommée grâce au célèbre grammairien Uc Faidit qui lui donne le sens de grosse buche bien ronde.
Dans les documents médiévaux, il prend plusieurs acceptions. C'est un billot de boucher (année 1278), un tronc dans lequel on glisse les offrandes (en 1380), ou encore un affût de canon (en 1476).
Le diminutif souchon, devenu nom de famille, c'est un petit billot ou morceau d'arbre taillés. En picard, le diminutif tsoquelet, choquelet, définit ce qu'on a coupé d'un arbre en l'abattant à la hache.
Une autre forme de diminutif est fréquente ; tel est le cas du provençal souquets, partie d'un arbre coupée au ras de terre ou encore blocs de bois destinés à équilibrer une cuve.

En 1425, nous avons, noté lo soquet, le petit siège pour traire les chèvres ou les vaches et le féminin soqueta, souche de bois bien sec. Il ne faut pas confondre ici avec le français socque et son diminutif socquette, issus du provençal soca, du latin soccus, espèce de soulier bas, d'où chausson.
Dans le vocabulaire des agents forestiers sous les comtes de Provence, on utilisait le verbe soquetar – soucheta en langue moderne – pour désigner le fait de marquer les arbres à abattre. A Nice, le verbe dessoucaià décrit l’action d'ébranler une souche, et par extension une pierre de taille avec un pic ou une barre à mine.

L’artisanat y puise aussi des mots spécifiques : ainsi un bouosc o un taulié soucarut, c'est un tronc d’arbre scié qui peut servir de table rustique. De même dit-on à Nice un ressouc, pour un chicot d’arbre qui peut servir de motif de sculpture. Quant au verbe ensoucà, il s'applique, techniquement parlant, à l'art difficile de placer le mouton d'une cloche...
Le diminutif souquihoun, partie supérieure du cep de vigne, a été introduit sous la forme souquillon par Alphonse Daudet en1891. En consultant la droit médiéval en Provence, si cher au cœur du regretté professeur Aubenas, que de découvertes : un souquet, en 1380, est un droit d'octroi sur le vin, et en temps de disette financière, un reire-soquet est un double droit sur la même boisson.

En 1432, un fonctionnaire qui sévit dans ce domaine apparaît au grand dam des redevables : c’est, logiquement, un soquatier, percepteur du droit ci-dessus, et un verbe en est issu : soquatejar, percevoir un tel droit. L’ancien français coche, mentionné ci-dessus, entraîne une manière de métathèse : souche couche, d'où un cossillon, éclat de souche de vigne et une coussette éclat de bois. Le croisement avec suc, éminence, donne en outre les noms de famille: Chuquet, Suchet.

Une dernière confusion est à éviter: avec Sòucu (accent grave sur le ò de sòu) souco, soco, du latin sulcus, labour, sillon, binage. Ce mot signifie en provençal, groupe, équipe et il bien décrit par Mistral dans Mirèio: un groupe constitué par deux moissonneurs et une lieuse de gerges permettant d'opérer la récolte de front sur un billon de blé. D'où la locution : faire sòuco, aller de compagnie, en amis.

André COMPAN - NICE-MATIN - Août 1990 "

Source : Article transmis par Maurice Souquières de Caen le 7/2/2000.


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Mise à jour : 20-août-2000 - Auteur : Renaud Anzieu anzieu@freesurf.fr
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