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Texte relevé dans un vieux livre d'histoire des années 1890, qui donne un historique rapide sur la création des noms de villes et villages.
Narbonne (Narbo), Toulouse (Tolosa) tiennent leur nom des LIGURES, ancêtres des Gaulois. Nice, qui semble si moderne, c'est la vieille "Nikaïa" des Grecs. Marseille est l'héritière de "Massalia", le grand port grec des côtes occidentales de la Méditerranée.
Les Gaulois vivaient dans les forêts que peu à peu ils défrichèrent.
La clairière - le "iaslos" en celte - était donc le centre des premiers
domaines: Argentoïalos (la clairière de l'argent) est devenu Argenteuil. Vernoïalos
(la clairière des aulnes) est devenu Verneuil.
Le "Dunos" qui était la forteresse gauloise, a fourni de nombreux
noms: Lucodunos (citadelle brillante) devint Lugdunum romaine, puis Lyon. Verdunos
devint Verdun. Castellodunum devint Chateaudun.
Le "magos" gaulois était le marché, le centre vital: Catumagos (Caen),
Noviomagos, le nouveau marché a donné naissance à de nombreux noms: Nouvion,
Nogent, Noyon, Noyelles.
Arrivent les Romains. De leurs "castrum" dérivent Chartres, Châtres,
Castres.
L'empereur Aurélien a donné son nom à Orléans (Aurelianum),
l'empereur Constance à Coutances.
Au troisième siècle de notre ère, un phénomène important se produisit, le nom de la peuplade servit à désigner la petite capitale de celle-ci, éliminant l'ancien nom de la ville: Lutèce devint Paris, la capitale des Parisiens. Poitiers (Pictavis) est le chef-lieu des Pictaviens. Arras (Atrebatis) est le chef-lieu des Atrébates. Par contre, les villes comme Burdegale (Bordeaux), Rotomagus (Rouen) gardèrent leur antique dénomination.
Les invasions germaines, sazzarines, normandes, eurent pour conséquense la
décadence des villes et le développement des centres ruraux. Aussi maint villages
actuels, voire quelques-unes de nos villes, ont-ils comme noyau un domaine de
l'époque franque. Souvent dans le nom du village, apparait le nom du lointain
fondateur du domaine.
La cour de la ferme franque était la "curtis". Peu à peu, le mot servi
à désigner les bâtiments qui entouraient la cour, puis le domaine lui-même,
lequel portait habituellement le nom du propriétaire. Que de villages finissent
ou commencent en "court": Aboncourt (le village d'Abbon), Herbécourt,
Cortébert, Corribert (le village d'Héribert) Cortambert (le village d'Ansbert),
Courtfavon.
Le plus souvent, le domaine était désigné sous le nom de "villa". Ce mot se transforma en "ville" ou "villare". Dans la Beauce, défrichée à l'époque franque, presque tous les villages ont une terminaison en "ville": Martinville - le village de Martin, Francourville - le village des Francs, Aubervilliers - le village d'Aubert, Villaferry - le village de Frédéric, Villemonble, Romainville, Rogéville.
Parfois c'est le mont, le val, le pont qui s'allie au nom du propriétaire: Géraumont (Gérard), Herbeuval, Héripont (Héribert). Le mot "vic" désignait le bourg: Neuvic, Vieuvicq, Lonwy, Vivonne.
Les barbares innombrables qui envahirent la France laissèrent des traces dans les noms de nos villages et de nos provinces. les Alamans (Almenèches, Auménaucourt), les Burgondes (Bourgogne), les Goths (Gourville), les Saxons (Sissone), les Vandales (Gandalou), les Maures (Mortagne), les Basques (Gascogne).
Chez les Francs, le domaine était le "fara" qui a donné naissance aux nombreux "Fère" de l'Ile de France: La Fère, Fère-Champenoise.
Chez les Francs-Saliens, le "ham" était le village: Ham, Hem, Han,
Lozinghem, Ham en Artois. Le "lar", la lande, transformée en "lers",
a donné: Lers, Flers, Roulers, Canlers, Boufflers. Le "bak" ou ruisseau
est devenu: Morbecques, Robecq, Rossbach, Roubaix.
Autre hypothèse : il y a une différence entre le suffixe "heim", en flamand "ghem" , (synonyme "home") et "ham" qui signifierait méandre ou prairie avec cours d'eau. En Belgique: Han-sur-Lesse, Ham-sur-Heure). Hamburg ne serait-elle pas la ville des méandres? Ce devrait être du gallo-germain, d'autres disent du roman.
Il y a le -ham saxon, équivalent au -heim, mais ce sont toujours des suffixes,tandis que l'autre ham ou han, pas nécessairement: En Belgique: Poupehan, Marbehan, Dinant, etc seraient du type "méandre"
Quand les Normands s'installèrent dans la riche province française que leur
donna Charles-le-Simple, ils y implentèrent les racines de leur langue nordique.
Nombreuses sont les assonances normandes de chaque côté de la Seine Inférieure:
De ruisseau (bec): Robec (ruisseau rouge), Houlbec (ruisseau profond).
De cabane (budh, altéré en "beuf"): Cricquebeuf (Cabane de l'église),
Quillebeuf (Cabane de la source).
De golfe, baie (flodh, altéré en "fleur"): Barfleur, Honfleur.
De masure (tot): Ecquetot (maison du chêne), Yvetot (maison d'Yves).
L'époque franque fut aussi l'époque des monastères, des mountiers, des "cella"
comme on disait alors. Nombreux sont nos villages qui s'appellent Celles, Montereau,
Noirmoutier, Romainmotiers.
Les basiliques de l'Ouest sont les mères de Bazeilles, Bazoches.
Le "dom" était le saint protecteur. Le culte des saints en France,
commença avec Saint-Pierre, Saint-Martin, Sainte-Marie, Saint-Rémy Il y a aussi
d'innombrables Dampierre, Dompierre, Dammartin, Dannemarie, Domrémy.
Avant le cinquième siècle, aucun romain ne se serait avisé de prendre un nom
barbare. Au VI ième siècle, un quart des noms laics, un dixième des noms ecclésiastiques
sont d'origine germanique. Au huitième siècle, hommes et femmes, quelque soit
leur condition, portent des noms germaniques et ne cesseront de les porter au
cours des siècles.
Les patronymes qui ne sont pas liés à des sobriquets (Legrand, Leroux, Roussel), métiers (Lefebvre, Tisserand, Boulanger), localités (Darras, Demarles, Damiens, Deparis, Dalsace), sont surement d'origine germaniques: Bernard (Bern-hard : ours fort); Richard (Rih-hard : puissant, hardi); Albert (Adalbercht : noble, brillant); Raoul (Rod-vulf : loup de gloire); Gertrude (Gaire-trudis: sûreté de javelot); Louis (Chlodo-wech, Hlodovicus : combat de gloire).
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