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Cantal |
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L'atelier du sabotier (page 2)
Outre les outils proprement dits, de dimension modeste, le sabotier dispose
d'établis en bois.
La
stabilité de l'établi est assurée par trois pieds.
Il a été scié dans un tronc de chêne, au niveau d'une grosse branche qui, vaguement
équarrie, sert de plateau sur lequel est enfoncé un anèl (anneau) pouvant
se déplacer verticalement et pivoter selon un angle de 360°. Ce piton reçoit
l'extrémité en U du paradoun (paroir). Grâce aux combinaisons des mouvements
du crochet et de la boucle, le paroir peut travailler dans tous les plans horizontaux
et verticaux : une petite merveille, supérieure à une articulation à cardan.
La surface du plateau présente des cotsas (encoches) destinées à assurer une meilleure préhension de la pièce de bois à travailler que l'ouvrier tient de la main gauche.
a : l'anèl (anneau)
b : lou paradoun (le paroir)
c : las cotsas (les encoches)

Des sabotiers du Cantal devant leur atelier. Les outils sont
sur la porte.
Le banc du paroir est différent.
Il
a des pieds supportant un tronc de pin dont le milieu et les extrémités sont
équarris sur une longueur de 40 centimètres environ. De part et d'autre, trois
trous cylindriques, ainsi que deux anneaux porte-outils, permettent le rangement
du petit outillage.
La partie médiane, en forme de large entaille, constitue une sorte d'étau à
mâchoires fixes. Le serrage du sabot ébauché est assuré par un jeu de conhassouns
(petits coins). Ces martyrs sont en bois très dur pour résister aux coups de
malhè (maillet). Leur nombre est fonction de la largeur de la chaussure.
e : lei traucs ( trous porte-outils )
f : la cotsa ( l'encoche )
g : los combassouns ( les petits coins )
h : lei anèls (les anneaux)
Un
sabotier creusant un sabot sur le banc à creuser.
C'est
un plateau bas monté sur trois pieds dont l'arrière sert de siège au sabotier.
Un montant fixe, chevillé, de 40 centimètres de hauteur, présente à sa partie
supérieure une cupule armée de quatre pointes sans tête. Vers l'avant, une mortaise
crantée reçoit un bras, mobile dans un plan vertical grâce à un axe. Celui-ci
prend appui sur deux crans opposés de la crémaillère, l'écartement étant donné
par la longueur du sabot bloqué entre les mâchoires, talon vers l'arrière.
Le serrage s'effectue par action du pied sur une tige placée à la partie inférieure du levier. La partie supérieure de ce bras est garnie d'une série d'évidements permettant de travailler le bois dans diverses positions.
j : lou setge ( le siège )
k : la cremalhièra ( la crémaillère )
l : lou chagoun
m : lou bras ( bras mobile, actionné du pied )
Les bancs servant d'établi étaient situés face à la fenêtre pour un éclairage maximum.
Par terre, les copeaux s'amoncelaient, isolant du froid les pieds du sabotier ; ils permettaient d'allumer ou de raviver les flammes de l'âtre. Quelquefois pendant la creuse, le dessus d'un sabot éclatait ; résigné, le sabotier le jetait au feu : un travail qui partait en fumée...
On pouvait voir au plafond, suspendus à de grosses pointes, les paires de sabots terminés.
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